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Le Brexit, un divorce historique entre le Royaume-Uni et l’Union européenne

Le Brexit est le terme qui désigne la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne, effective depuis le 1er janvier 2021. Il s’agit d’un événement sans précédent dans l’histoire de l’intégration européenne, qui a des conséquences politiques, économiques, sociales et culturelles pour les deux parties. Comment en est-on arrivé là ? Quels sont les enjeux et les défis du Brexit ? Quel est le bilan de trois ans de négociations et de transition ? Cet article vous propose un éclairage sur ce sujet complexe et controversé.
Les origines du Brexit : un référendum aux multiples causes
Le Brexit trouve son origine dans un référendum organisé le 23 juin 2016, à l’initiative du Premier ministre conservateur David Cameron, qui avait promis cette consultation lors de sa campagne électorale de 2015. Le référendum visait à trancher la question de l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union européenne, qui faisait l’objet d’un débat récurrent dans la société et la classe politique britanniques. Le résultat du scrutin a été une surprise : 51,9 % des électeurs ont voté en faveur du Brexit, contre 48,1 % pour le maintien dans l’UE. Le taux de participation a été de 72,2 %.
Plusieurs facteurs peuvent expliquer le choix des Britanniques de quitter l’UE. Parmi eux, on peut citer :
– Le sentiment d’une perte de souveraineté et d’une ingérence de Bruxelles dans les affaires nationales, notamment sur les questions de réglementation, de budget ou de politique étrangère.
– Le rejet de la libre circulation des personnes, perçue comme une source d’immigration incontrôlée, de concurrence déloyale et de pression sur les services publics.
– Le mécontentement face aux conséquences de la crise économique et financière de 2008, qui a accentué les inégalités sociales et territoriales, et alimenté le sentiment d’abandon des classes populaires et des régions défavorisées.
– Le clivage entre les élites cosmopolites et les couches populaires nationalistes, qui se sont opposées sur les valeurs et l’identité du Royaume-Uni.
– L’influence des médias et des réseaux sociaux, qui ont relayé des arguments mensongers ou exagérés en faveur du Brexit, comme le fameux slogan du bus promettant de reverser 350 millions de livres par semaine au système de santé britannique (NHS) en cas de sortie de l’UE.
– La faiblesse de la campagne du camp du maintien, qui n’a pas su mobiliser les électeurs, notamment les jeunes et les urbains, plus favorables à l’UE.
Les modalités du Brexit : un processus long et chaotique
Le résultat du référendum a déclenché un processus de sortie du Royaume-Uni de l’UE, prévu par l’article 50 du traité sur l’Union européenne. Ce processus devait durer deux ans, mais il a été prolongé à plusieurs reprises, en raison des difficultés rencontrées par les négociateurs et les dirigeants politiques des deux côtés.
Le premier défi a été de trouver un accord de retrait, qui devait régler les modalités pratiques du divorce, comme le règlement financier, le statut des citoyens européens au Royaume-Uni et des citoyens britanniques dans l’UE, ou encore la question de la frontière irlandaise. Un premier accord a été conclu en novembre 2018, mais il a été rejeté à trois reprises par le Parlement britannique, qui n’était pas satisfait des garanties offertes par l’UE, notamment sur le « filet de sécurité » (backstop), un dispositif visant à éviter le rétablissement d’une frontière physique entre l’Irlande du Nord et la République d’Irlande. Face à cette impasse, David Cameron a démissionné et a été remplacé par Theresa May, puis par Boris Johnson, qui ont tous deux échoué à faire ratifier l’accord de retrait.
La date initiale du Brexit, fixée au 29 mars 2019, a donc été repoussée à plusieurs reprises, jusqu’au 31 janvier 2020. Entre-temps, Boris Johnson a obtenu de l’UE une révision de l’accord de retrait, qui remplace le backstop par un nouveau protocole sur l’Irlande du Nord, qui prévoit que cette province reste alignée sur certaines règles du marché unique européen, tout en faisant partie du territoire douanier britannique. Ce compromis a permis de débloquer la situation et de faire ratifier l’accord de retrait par le Parlement britannique et le Parlement européen.
Le 31 janvier 2020, à minuit, heure de Bruxelles, le Royaume-Uni a officiellement quitté l’UE, après 47 ans d’adhésion. Cependant, le Brexit n’était pas encore totalement effectif, puisqu’une période de transition a été mise en place jusqu’au 31 décembre 2020, pendant laquelle le Royaume-Uni continuait d’appliquer le droit européen et de bénéficier du marché unique et de l’union douanière, sans participer aux institutions et aux décisions de l’UE. Cette période devait permettre de négocier un accord sur les relations futures entre les deux parties, notamment sur les questions commerciales, de sécurité, de coopération judiciaire, de pêche, de transport, d’énergie, etc.
Les négociations ont été difficiles, car les deux parties avaient des intérêts et des exigences divergents. L’UE voulait garantir un accès équitable à son marché, en évitant le dumping social, fiscal ou environnemental de la part du Royaume-Uni. Le Royaume-Uni voulait préserver sa souveraineté et sa liberté de conclure des accords commerciaux avec d’autres pays, sans être lié par les règles européennes. Les principaux points de blocage ont porté sur la question de la pêche, qui revêt une importance symbolique et économique pour les deux parties, et sur celle du « level playing field », c’est-à-dire le respect de normes communes en matière de concurrence, de fiscalité, de droits sociaux et d’environnement.
Après plusieurs mois de discussions, un accord de commerce et de coopération a finalement été trouvé le 24 décembre 2020, à la veille de la date limite. Cet accord, qui compte plus de 1 200 pages, prévoit notamment :
– L’absence de droits de douane et de quotas sur les échanges de biens entre l’UE et le Royaume-Uni, à condition que ceux-ci respectent les règles d’origine.
– La mise en place de mécanismes de coopération et de règlement des différends en matière de concurrence, de fiscalité, de droits sociaux et d’environnement, afin d’éviter les distorsions et les pratiques déloyales.
– La possibilité pour les deux parties de prendre des mesures correctives ou de suspendre l’accord en cas de divergence significative ou de non-respect des engagements.
– La reconnaissance mutuelle de certaines normes sanitaires et phytosanitaires, ainsi que de certaines certifications professionnelles, mais pas de l’équivalence des réglementations financières.
– La limitation de l’accès des pêcheurs européens aux eaux britanniques, avec une réduction progressive de 25 % de leurs quotas sur une période de cinq ans et demi, à l’issue de laquelle les deux parties pourront renégocier les conditions de la pêche.
– La coopération dans les domaines de la sécurité intérieure, de la lutte contre le terrorisme, de la cybercriminalité, de la protection des données, de la recherche, de l’éducation, de la culture, du transport aérien, du transport routier, de l’énergie, du nucléaire civil, etc.
Cet accord a été approuvé par le Parlement britannique le 30 décembre 2020 et par le Parlement européen le 27 avril 2021. Il est entré en application provisoire le 1er janvier 2021, puis de manière définitive le 1er mai 2021.