Néron : Empereur de Rome

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Le Marathon des Sables

Les secrets de Malika

Dans les ruelles pavées d’une ancienne ville, là où les pierres murmurent des histoires oubliées et les ombres se faufilent comme des fantômes bienveillants, vivait Élise, une jeune femme dont le regard perçait les mystères du monde. Ses yeux, brillants comme des émeraudes, avaient la capacité unique de voir au-delà des apparences, révélant les vérités cachées dans les plis du temps.

Élise portait toujours un foulard gris, tissé à la main par sa grand-mère, qui disait que ce foulard avait des pouvoirs spéciaux. Il protégeait des esprits malveillants et des sortilèges sombres. Ce matin-là, alors que la brume s’évaporait doucement sous les premiers rayons du soleil, Élise se sentait étrangement attirée par une ruelle qu’elle n’avait jamais remarquée auparavant. Elle décida de suivre son instinct et s’y engagea.

Les murs étaient couverts de lierre et l’air sentait la terre humide et les feuilles en décomposition. À mi-chemin de la ruelle, elle aperçut une porte en bois massif, ornée de symboles anciens qu’elle ne reconnaissait pas. Curieuse, elle s’approcha et, sans vraiment réfléchir, posa sa main sur la poignée froide. À cet instant précis, une énergie douce mais puissante la traversa, et la porte s’ouvrit lentement, révélant une pièce faiblement éclairée.

À l’intérieur, une vieille femme assise sur un tabouret en bois l’attendait. Ses cheveux blancs comme neige tombaient en cascade sur ses épaules, et ses yeux bleus brillaient avec une sagesse infinie. « Je t’attendais, Élise », dit-elle d’une voix douce. Élise, surprise, se demanda comment cette femme connaissait son nom.

La vieille femme se leva et s’approcha d’Élise, posant une main réconfortante sur son épaule. « Tu as été choisie pour une mission spéciale. Le foulard que tu portes n’est pas un simple accessoire. C’est un artefact ancien, imprégné de magie protectrice. Il est temps pour toi de découvrir ton véritable destin. »

Élise écouta attentivement alors que la vieille femme lui expliquait l’histoire du foulard et le rôle qu’elle devait jouer. Elle apprit que sa famille descendait d’une lignée de gardiennes, chargées de protéger le monde des forces obscures qui tentaient de percer le voile entre les mondes. Chaque génération avait une gardienne, et maintenant, c’était son tour.

Avec un nouveau sentiment de détermination, Élise accepta son destin. Elle savait que la route serait longue et parsemée d’embûches, mais elle était prête. En quittant la pièce, le foulard gris drapé autour de ses épaules, elle sentit une force nouvelle bouillonner en elle. Elle était prête à affronter les ténèbres et à éclairer le chemin pour les générations futures.

Élise poursuivait son voyage à travers les contrées, déterminée à accomplir la mission que lui avait confiée la vieille femme. Un matin brumeux, elle arriva dans un village presque déserté, où seules quelques maisons semblaient encore habitées. Les fenêtres étaient barricadées, et le silence pesant donnait une atmosphère fantomatique au lieu.

En explorant les lieux, Élise entendit des chuchotements venant d’une vieille maison au bout d’une ruelle étroite. Poussée par la curiosité, elle s’approcha et aperçut une lumière vacillante à travers une fenêtre poussiéreuse. Elle frappa doucement à la porte, qui s’ouvrit lentement avec un grincement sinistre.

À l’intérieur, une femme assise à une table de bois sur laquelle était posé un livre ancien releva les yeux. Ses longs cheveux noirs tombaient en boucles désordonnées autour de son visage marqué par l’inquiétude. Elle portait des vêtements simples, mais ornés de bijoux mystérieux qui brillaient faiblement à la lueur d’une lanterne.

« Qui êtes-vous ? » demanda Élise doucement.

« Je suis Malika, » répondit la femme avec un soupir. « Les habitants de ce village m’ont accusée de pratiquer la magie noire. Ils m’ont isolée ici, loin des leurs, par peur et par ignorance. »

 

 

Élise s’assit en face de Malika et observa son visage. Il n’y avait aucune malice dans ses yeux, seulement une tristesse profonde et une solitude écrasante. « Je m’appelle Élise. Je suis en quête de vérité et de justice. Peut-être que nous pouvons nous entraider. »

Malika hocha la tête, un faible sourire apparaissant sur ses lèvres. « Si vous croyez en moi, alors je vous aiderai de tout mon cœur. Les rumeurs qui courent sur moi ne sont que des mensonges. Je possède certes des pouvoirs, mais ils ne sont pas destinés à faire le mal. Je cherche à protéger et à guérir. »

Ensemble, Élise et Malika passèrent des heures à discuter et à échanger des connaissances. Malika montra à Élise des passages du livre ancien, rempli de sorts et d’incantations oubliées. Élise, de son côté, partagea les secrets de son foulard magique et les responsabilités de sa lignée de gardiennes.

Rapidement, une amitié sincère naquit entre les deux femmes. Elles décidèrent de combiner leurs pouvoirs pour aider le village et prouver l’innocence de Malika. Grâce à leur collaboration, elles purent guérir les maladies qui affligeaient les habitants et repousser les mauvais esprits qui hantaient les environs.

Peu à peu, les villageois commencèrent à réaliser leur erreur et à accepter Malika comme une alliée précieuse. Élise, ayant accompli une part importante de sa mission, poursuivit son voyage, laissant derrière elle une amie fidèle et un village reconnaissant.

Malika, désormais intégrée et respectée, continua d’utiliser ses pouvoirs pour le bien, gardant toujours en mémoire le courage et la bonté d’Élise. Leur rencontre fortuite avait non seulement sauvé un village, mais aussi créé un lien indéfectible entre deux femmes aux destins extraordinaires.

Élise, intriguée par les pouvoirs de Malika, se rendit à nouveau chez elle pour en apprendre davantage. Elles s’assirent autour de la table en bois, la lanterne diffusant une lumière douce et rassurante. Élise observa la pièce, remplie d’objets mystérieux et d’anciens grimoires, lorsqu’elle remarqua un tableau accroché au mur. Le tableau représentait un chat blanc majestueux avec des taches noires et un oiseau à la tête blanche posé sur sa patte.

« Qui sont-ils ? » demanda Élise en désignant le tableau.

Malika sourit doucement et se tourna vers l’œuvre d’art. « Ce chat blanc, nommé Seraphis, est un gardien des esprits, » expliqua-t-elle. « On raconte qu’il a le pouvoir de protéger ceux qui en ont besoin, surtout lorsqu’ils sont vulnérables. Ses yeux voient au-delà de notre réalité, et il peut détecter les dangers invisibles pour les simples mortels. »

Elle se pencha un peu plus près d’Élise, ses yeux brillants de mystère et de savoir ancien. « Quant à l’oiseau à la tête blanche, appelé Lumi, il est un symbole de pureté et de vérité. Lumi peut percer les illusions et révéler la véritable nature des choses et des êtres. Ensemble, Seraphis et Lumi forment un duo puissant, capable de guider et de protéger ceux qui suivent le chemin de la lumière. »

Élise écoutait attentivement, absorbant chaque mot de Malika. « Que signifie leur présence ici, dans ton sanctuaire ? »

Malika prit un moment pour réfléchir avant de répondre. « Leur présence est une bénédiction, » dit-elle finalement. « Ils m’ont été envoyés comme gardiens, mais ils peuvent également être des guides pour toi, Élise. Ta mission est dangereuse, et les forces obscures que tu affronteras ne seront pas faciles à vaincre. Seraphis et Lumi peuvent t’aider à naviguer à travers les ténèbres, te montrant le chemin à suivre et te protégeant des pièges invisibles. »

Élise ressentit une vague de réconfort et de gratitude. « Comment puis-je invoquer leur aide ? » demanda-t-elle.

« La clé réside dans ton cœur pur et tes intentions sincères, » répondit Malika. « Lorsque tu te trouves dans une situation désespérée ou incertaine, ferme les yeux et appelle Seraphis et Lumi. Concentre-toi sur leur image et leur énergie. Si tes intentions sont justes, ils viendront à toi. »

Avec ces nouvelles connaissances, Élise se sentit plus préparée pour les défis à venir. Elle remercia chaleureusement Malika et quitta la maison avec une nouvelle détermination. Tandis qu’elle s’éloignait, elle jeta un dernier regard au tableau, gravant dans son esprit l’image de Seraphis et Lumi, ses nouveaux alliés dans sa quête pour protéger le monde des ténèbres.

Sur le chemin du retour, alors que le soleil commençait à se coucher, teignant le ciel de nuances d’or et de pourpre, Élise rencontra un homme assis au bord de la route. Il portait une robe simple de moine et une canne en bois usée par le temps. Bien que ses yeux fussent couverts d’un bandeau, signe de sa cécité, il semblait être en parfaite harmonie avec son environnement.

« Bonjour, » salua Élise poliment en s’approchant.

Le moine tourna légèrement la tête vers elle, comme s’il pouvait la voir malgré son bandeau. « Bonjour, voyageuse, » répondit-il d’une voix grave et sage. « Où te diriges-tu en cette fin de journée ? »

Élise hésita un instant avant de répondre. « Je reviens de chez Malika, la guérisseuse du village abandonné. »

À ces mots, le visage du moine se crispa, et il secoua la tête avec désapprobation. « Malika, dis-tu ? Cette femme est dangereuse. Elle pratique des arts sombres, et les villageois ont eu raison de se méfier d’elle. »

Élise, surprise par la véhémence de ses paroles, se redressa. « Mais elle m’a semblé sincère et désireuse de faire le bien. Elle m’a aidée et m’a expliqué des choses importantes pour ma mission. »

Le moine tapota le sol avec sa canne, semblant agité. « Les apparences peuvent être trompeuses, jeune fille. Malika cache quelque chose. Ses pouvoirs ne viennent pas d’une source pure. Elle peut te manipuler pour ses propres fins. Tu devrais te méfier d’elle et ne pas lui faire confiance aveuglément. »

Élise sentit un doute s’insinuer en elle. Malika avait été gentille et semblait honnête, mais pouvait-elle vraiment ignorer les avertissements d’un moine sage et aveugle ? « Pourquoi es-tu si sûr de cela ? » demanda-t-elle.

Le moine prit une profonde inspiration avant de répondre. « J’ai voyagé à travers de nombreuses terres et rencontré des êtres de toutes sortes. Mon esprit est en paix avec les énergies de ce monde, et je ressens les vibrations négatives même sans mes yeux. La présence de Malika me trouble profondément. »

Élise resta silencieuse, réfléchissant à ses paroles. Elle se souvenait de la gentillesse de Malika, de leur connexion, mais aussi de la peur palpable des villageois. « Je te remercie pour ton conseil, » dit-elle finalement. « Je prendrai tes paroles en considération. »

Le moine hocha la tête, satisfait. « Sois prudente, Élise. Les chemins que nous empruntons sont souvent parsemés de pièges. Que la lumière guide toujours tes pas. »

Élise reprit sa route, troublée par cette rencontre. Elle se demanda si elle avait été trop naïve en faisant confiance à Malika. Cependant, elle ne pouvait pas ignorer l’aide et les connaissances qu’elle avait reçues. Elle décida de rester vigilante, de suivre son instinct et de continuer à explorer les vérités cachées dans ce monde complexe.

Alors qu’elle avançait, elle sentit le poids de la responsabilité sur ses épaules, mais aussi la force de ses alliés invisibles. Elle savait que chaque rencontre, chaque conseil, chaque défi la rapprochait de son objectif ultime : protéger le monde des ténèbres qui cherchaient à l’envahir.

Élise, troublée par les paroles du moine aveugle, décida de découvrir la vérité sur Malika. Tout au long de son chemin du retour, elle s’arrêta pour parler aux rares personnes qu’elle rencontra. Chacune de leurs histoires ajouta une nouvelle couche de mystère et de complexité à l’image de Malika.

La première personne qu’elle rencontra était un vieux fermier nommé Henri, qui travaillait dur dans son champ. Élise l’aborda et lui demanda ce qu’il savait de Malika.

« Ah, Malika, » dit Henri en essuyant la sueur de son front. « Je me souviens d’elle. Avant que les rumeurs ne commencent, elle était une guérisseuse respectée. Elle a sauvé beaucoup de vies, y compris celle de ma femme. Mais un jour, des choses étranges ont commencé à se produire dans le village. Les gens ont commencé à tomber malades, et les récoltes se sont mises à pourrir. Les villageois ont commencé à la suspecter de sorcellerie. »

Poursuivant son chemin, Élise rencontra une jeune femme nommée Amélie, qui vendait des herbes et des potions. Lorsqu’elle mentionna Malika, Amélie se signa et parla à voix basse.

« Malika a toujours été différente, » chuchota-t-elle. « Elle connaissait des plantes et des remèdes que personne d’autre ne connaissait. Certains disent qu’elle a appris ses secrets d’un ancien grimoire trouvé dans les bois. D’autres disent qu’elle a fait un pacte avec des esprits. Moi, je ne sais pas quoi penser. Elle m’a aidée plus d’une fois, mais il y a toujours eu quelque chose d’étrange à son sujet. »

Plus loin, Élise croisa un groupe de voyageurs autour d’un feu de camp. Ils semblaient méfiants, mais lorsqu’elle mentionna Malika, l’un d’eux, un homme appelé Luc, accepta de parler.

« J’ai entendu dire que Malika a été bannie de plusieurs villages avant de venir ici, » dit-il. « Partout où elle allait, des choses inexplicables se produisaient. Les animaux devenaient agités, les enfants tombaient malades, et les adultes avaient des cauchemars. Mais il y a aussi ceux qui disent qu’elle est une protectrice, une gardienne contre des forces plus sombres encore. »

Élise écouta attentivement chaque récit, essayant de démêler la vérité des superstitions et des peurs. Lorsqu’elle atteignit enfin une auberge où elle décida de passer la nuit, elle rencontra une vieille femme nommée Marguerite, assise près du feu, qui semblait connaître beaucoup de choses sur les anciens secrets et les légendes locales.

« Malika, ma chère, est une énigme, » dit Marguerite d’une voix douce mais ferme. « Elle est à la fois une bénédiction et une malédiction pour ceux qui la rencontrent. Son savoir est immense, et elle a certainement des dons qui dépassent l’entendement. Mais ce que les gens oublient, c’est que ces dons viennent souvent avec un prix. Elle a probablement fait des sacrifices que peu comprendraient. Ce qui est certain, c’est que Malika n’est ni complètement bonne ni complètement mauvaise. Elle est humaine, avec toute la complexité que cela implique. »

Élise se coucha cette nuit-là, réfléchissant à tout ce qu’elle avait appris. Elle comprit que la réalité de Malika était bien plus nuancée que ce que les rumeurs et les préjugés laissaient entendre. Malika était une femme aux pouvoirs extraordinaires, mais aussi une victime des peurs et des superstitions des gens autour d’elle.

Avec cette nouvelle perspective, Élise décida de retourner voir Malika pour lui parler directement et éclaircir les derniers doutes. Elle savait que seule une confrontation honnête pourrait lui permettre de comprendre la véritable nature de Malika et de savoir si elle pouvait lui faire confiance dans sa quête contre les ténèbres….

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